| L’Empirisme Organisateur |
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PLAN 1-l’histoire contre les idéologies Linéarité de l’histoire/ il y a des “nécessités” en histoire. L’objectivité en histoire La critique de l’histoire 2-de la fiction à l’idéologie, un mythe fondateur de la démocratie. Le contrat social: décomposition de ‘l’homme social’ composition d’un “individu contractuel” Pourquoi cette fiction mythique mène aux idéologies: “l’homme-dieu” face à la “nature raisonnable”. 3-analyse de trois conséquences communes aux idéologies L’humanisme contre l’écologie. L’homme-dieu ne peut être que démocrate (dilution de la Souveraineté dans le nombre). La démocratie, face au progrès, ne peut être que centralisatrice (Tentative de reconstruction d’une souveraineté). CONCLUSION: L’EMPIRISME ORGANISATEUR, ou la conciliation de la nature et de la raison. I) l’histoire contre les idéologies. Ø C’est peut-être dans la pensée politique de l’action française que le mot “histoire” prend son sens le plus noble. En effet, l’étude de l’histoire, pour porter un maximum de fruits, doit être en même temps “objective”, et “critique”. En parvenant à joindre ces deux impératifs, c’est à l’ensemble des conceptions idéologiques que s’oppose l’action française, s’en suit la découverte d’une voie “royale” de l’étude politique : l’empirisme organisateur. Ø Pour ce qui est de l’objectivité, cet impératif écarte dès l’abord la possibilité d’inventer un quelconque schéma de l’histoire (selon lequel les différents changements intervenus au cours de l’histoire seraient les maillons d’une chaîne de progrès, en vue d’une fm bien déterminée) Les événements historiques ont tous quelque chose d’unique, il n’y a donc pas globalement de progrès à proprement parler. C’est ce qu’entend Maurras lorsqu’il souligne, dans “mes idées politiques” : Ø “Jl ne s ‘agit nullement de lois du DEVENIR, de lois du mouvement des sociétés, de lois de leur DYNAMISME, mais bien des LOIS DE LEUR ETAT”. (Partie 4, “les lois”) Il n’y a donc pas de formule magique dans l’histoire, mais seulement des événements qui ont coutume d’en entraîner d’autres . C’est à ces différents phénomènes qu’il faut s’attarder; et non pas à un hypothétique déterminisme historique . Ainsi devons-nous dire que si nous sommes royalistes, ce n’est pas à cause d’une soit-disante supériorité de principe de la monarchie sur les autres régimes, mais tout simplement parce que la monarchie est, compte tenu de l’état actuel des choses, le “moins pire” des régimes Quant à la critique de l’histoire, c’est une nécessité sans laquelle aucun projet politique ne serait possible. Si d’un certain côté il n’y a pas de volonté déterminée en histoire, d’un autre côté, l’histoire n’est pas non plus un amalgame de dates et de personnages sans lien d’une période à l’autre. Certains faits historiques sont suffisamment récurrents pour nous permettre de parler de “nécessités”. Celui qui négligerait tout ou partie de ces constantes au profit de ce qui devrait être fausserait son examen de l’histoire : de critique, il deviendrait interprétatif, puis son interprétation deviendrait subjective (c’est à dire que sa démarche serait inversée, la conclusion précéderait les faits au lieu d’en résulter). Le plus grand risque encouru avec un tel type de comportement est de sombrer dans une sorte de “cristallisation romantique”. C’est ainsi par exemple, qu’à Moscou, on a longtemps refusé d’attribuer la loi de relativité universelle à Einstein, sous prétexte que cela ne concordait pas avec l’idéologie communiste ; lorsqu’on invoquait le fait réel de sa découverte, ils répliquaient en invoquant une sacro-sainte “partialité socialiste” (l’expression était utilisée par eux-mêmes !), ou encore lorsque Dubcek tentait de redonner un “visage humain” au socialisme, c’est à dire, tentait de le réconcilier avec certaines réalités humaines, ce sont des chars que Moscou dépêchera sur place, et pas des théoriciens... Il y a donc des lois, des nécessités, qui ne soufflent pas d’être diluées, ni dans une formule globale, ni dans un amalgame informe d’événements et de dates juxtaposées. “Est-il vrai qu ‘il faille enseigner l'histoire aux enfants sans qu’ils la comprennent et de façon à meubler leur mémoire de quelques dates et de quelques événements ? C'est extrêmement douteux. On ne s'en prendrait pas autrement si l’on voulait tuer 1 ‘intérêt. En tout cas, un âge vient, et il vient très vite, où l’on a besoin d’un fil conducteur, où 1‘on soupçonne que les hommes d’autrefois ressemblaient à ceux d’aujourd’hui et que leurs actions avaient des mo4/s pareils aux nôtres. On cherche alors la raison de tout ce qu ‘ils ont fait et dont le récit purement chronologique est insipide ou incohérent. “... Mais comment serions-nous de parti pris puisque notre objet est de présenter dans leur enchaînement les événements de notre histoire ? Nous ne pouvons la juger que par ses résultats. Et, comparant notre condition à celle de nos ancêtres, nous sommes amenés à nous dire que le peuple français doit s’estimer heureux quand il vit en paix et dans l’ordre Cette conception de l’histoire est simple. C ‘est celle du bon sens.” Jacques Bainville, avant propos de “Histoire de France” II) La notion de physique politique Ø Selon la thèse démocratique, la politique relève du seul domaine de la liberté de l’individu. Théorie du contrat social. Le volontarisme politique. En conséquence, chacun possède sa vérité. On départage les vérités suivant la loi du nombre, à moins que la volonté du groupe ne prétende incarner la volonté générale. Ø Cette thèse est démentie par l’observation de la réalité : la « politique naturelle ». - L’homme ne naît pas libre - L’homme, pour grandir et développer ses facultés, a besoin de l’aide et de la protection de la société, - Les homes ne sont pas égaux. Diversité et complémentarité. Il existe donc une nature sociale de l’homme. Il y a des phénomènes où la volonté de l’homme n’intervient pas : la physique sociale. Il n’est pas question de nier la liberté, mais elle s’ajoute à la nécessité. « On ne commande à la matière quand lui obéissant » (BACON) Bien distinguer ce qui relève de la science politique et ce qui relève de la morale. L’une s’applique à la connaissance, l’autre à l’action. Ne pas confondre morale individuelle et morale politique comme le font habituellement les gens de gauche, notamment les démocrates chrétiens. III) L’empirisme organisateur Ø MAURRAS reprend le terme à Sainte – BEUVE et l’applique à la politique. L’empirisme organisateur est « la mise à profit des bonheur du passé en vue de l’avenir que tout esprit bien né souhaite à son pays » « L’histoire est le premier maître en politique ». (Joseph de MAISTRE). Tirer les leçons du passé : la tradition est critique. Refus des idéologies de toutes sortes. Ø MAURRAS donne un caractères scientifique à la démarche empirique qui, de tous temps, a été celle des hommes de bon sens. Il dégage une politique positive là où s’entrechoquent d’ordinaire les opinions. Ø Il démontre qu’il existe des lois de la politique, des constantes, que l’on peut découvrir par le procédé de l’induction. Ce sont des lois de l’état des sociétés et non des lois de leur devenir. Ces lois sont conditionnelles : elle laisse sa place à la liberté de l’homme. Elle reçoivent leur sanction des événements ultérieurs. Distinction de la science politique (étude des phénomènes et de leur loi) et de l’art politique (mise à profit des lois politique en vue de l’action). Ø C’est autour de la notion d’empirisme organisateur que se sont regroupés les fondateurs de l’Action Française. Leur réaction patriotique devant l’affaiblissement du pays les conduits à ressentir la nécessité d’une doctrine pour son relèvement. L’empirisme organisateur représente un compromis intellectuel par delà les querelles philosophiques ou métaphysiques. Cependant les conclusions de l’empirisme organisateur (induction) rejoignent celle de la doctrine catholique (établie par voie de déduction). IV) Application de l’empirisme organisateur
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